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Prolongement de l'autoroute 13

Les maires de Boisbriand, Mirabel et Saint-Eustache demandent un engagement ferme et immédiat du gouvernement

Jugeant que le report incessant du prolongement d’un axe autoroutier aussi majeur que celui de l’autoroute 13 cause un préjudice très sévère au développement de leurs municipalités, en plus de constituer une sérieuse entrave à la compétitivité et la productivité de la région, et d’affecter grandement la qualité de l’environnement et la qualité de vie de leurs concitoyens, les maires des municipalités de Boisbriand, Mirabel et Saint-Eustache demandent au Gouvernement du Québec de s’engager fermement en faveur de sa réalisation prochaine.

« L’A-13 a été construite alors que nos municipalités respectives comptaient moins du quart d’habitants qu’elles n’en comptent aujourd’hui. Or, la couronne nord continue d’être la région connaissant la plus forte croissance démographique observée au Québec, une tendance qui, selon les projections, ira en s’intensifiant au cours des 20 prochaines années. Cette situation ne peut plus durer, c’est intenable et ingérable. », de préciser le maire de Mirabel, M. Jean Bouchard.

Les élus s’expliquent très mal l’inaction des autorités dans ce dossier. La congestion, disent-ils, a un coût que leurs collectivités n’ont plus du tout les moyens de payer. « Nous sommes conscients que les besoins sont nombreux et qu’il y a beaucoup de projets dans les cartons du MTQ. Raison de plus pour que, dans la priorisation des projets, l’accent soit mis là où les besoins se font les plus pressants et continueront de l’être. Et c’est précisément au nord de Montréal que les projets structurants doivent voir le jour. », de dire la mairesse de Boisbriand, Mme Marlene Cordato.

Les élus rappellent que tous les ministres des Transports qui se sont succédé au cours des dernières décennies, se sont montrés favorables à l’idée de prolonger l’A-13 de Boisbriand à Mirabel. À ce jour, force est de constater que le dossier en est resté au stade des vœux pieux. Et ce, en dépit des études qui démontrent la nécessité d’un tel lien. En 2015, le Ministère lui-même avait d’ailleurs rendu public un rapport sur la question, qui révélait qu’à l’horizon 2026, et même bien avant, le réseau autoroutier et local opérera bien au-delà de sa capacité, avec, pour conséquences, d’allonger les périodes de pointe et de créer une congestion chronique. Selon les experts, les interventions planifiées du MTQ sur le réseau du secteur ne permettront que de pallier de manière partielle et temporaire les lacunes observées, alors que l’augmentation de l’offre de transport collectif ne suffira pas à répondre à l’accroissement de la demande prévue à moyen et long terme.

« La congestion chronique, nous y sommes déjà. Ça refoule partout sur le réseau, sur l’A-640, sur l’A-15, sur les routes principales et secondaires de nos villes et même sur les rangs! Le boulevard Arthur-Sauvé nord, soit la route 148, en est un exemple flagrant d’artère surchargée, lui qui absorbe le flot de voitures en provenance de Mirabel, contingent qui s’ajoute à celui des citoyens de Saint-Eustache, ce qui rend la circulation extrêmement difficile, et non plus seulement aux heures de pointe, mais presqu’en tout temps. La route 148 est sous la responsabilité du ministère des Transports du Québec et quelles que soient les mesures de mitigation prises par le MTQ pour améliorer la fluidité, à nos demandes expresses et répétées depuis des années, celles-ci n’allègent que très partiellement le problème. Sans le prolongement de l’A-13, la situation ne pourra aller qu’en s’aggravant. Ça ne peut plus durer. », de dire le maire de Saint-Eustache, M. Pierre Charron.

Pour les élus, il est plus que temps que le gouvernement réalise que les infrastructures routières, pensées et construites dans les années 60, ont atteint un point de saturation inquiétant et ne répondent plus depuis longtemps aux besoins d’une population en forte croissance. « Qui plus est, nos villes comptent chacune de nombreuses entreprises, commerces et industries, et recèlent encore un très fort potentiel de développement économique dans leurs zones commerciales et industrielles. Or, sans la présence d’infrastructures adéquates, ce développement est sérieusement compromis. C’est l’économie de toute notre région et des milliers d’emplois qui en dépendent. », ajoutent-ils.

En conclusion, ils estiment que l’heure n’est plus aux représentations et aux promesses non tenues, mais à l’action immédiate. « Tout a été dit sur la question. Le gouvernement est parfaitement au courant des besoins et sait que la solution à cette problématique passe nécessairement par le prolongement de l’A-13. Nous le répétons : nous n’avons plus les moyens d’absorber les coûts énormes entraînés par la congestion, tant en termes de compétitivité et de productivité que de qualité de vie pour nos concitoyens. Nous demandons donc un engagement ferme, assorti d’un échéancier de réalisation. Cette question vitale ne peut plus être éludée. ».

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